Lettre d'information #12 - jeudi 26 août (déjà !).
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EDITO - sur le grrrrril !

Ca y est, ils ont trouvé !

Ils sont fortiches ces commerçants !

Je me souviens, dans ma (plus-)jeunesse. Il y avait 3 ou 4 événements par an qui faisaient miroiter des cadeaux aux yeux du petit garçon que j’étais et qui étaient synonymes de grosses dépenses pour mes parents : mon anniversaire, Pâques, St Nicolas et la Noël.

Bref, mars, avril, décembre et décembre.

Premier problème : St Nicolas et Noël tombaient le même mois, ce qui n’était pas idéal du point de vue stratégie commerciale pour beaucoup de commerçants.

Avec le temps, les commerçants ont donc eu l’idée naturelle et évidente d’augmenter la période d’influence de la Noël et de St Nicolas. Novembre et, petit à petit, octobre, ont été contaminés. Aujourd’hui, il n’est pas rare de déjà recevoir le catalogue spécial « tout pour préparer Noël, achetez dès aujourd’hui avec quelques réductions à la clef vos cadeaux, guirlandes et autres boules » quand, dehors, il y a encore de belles feuilles vertes sur les arbres !

Il restait septembre, juste après les grosses dépenses pour la rentrée scolaire. Il ne fallait surtout pas laisser les porte-monnaies des parents se refroidir ! On a ainsi promu une fête d'Halloween qui ne le demandait même pas. Par la même occasion, on trouvait là une occasion d'évacuer les stocks de citrouilles et autres déguisements qui embarrassaient certainement la commission européenne et ne se vendent pas si bien que cela dans d'autres occasions. Halloween est en octobre, il suffisait d’élargir sa période d’influence à septembre et le tour était joué.

Pour le début de l’année, la Saint-Valentin, c’était bien, mais peut-être un peu trop intime. Il faut aussi que les adultes dépensent pour eux-mêmes et que cela se voie. Qu'à cela ne tienne, il suffisait d’augmenter le marketing autour du 14 février pour en faire un événement majeur qui vous rend aujourd’hui indigne d’oser dire que vous êtes amoureux si vous ne le fêtez pas assez. En élargissant la période d’influence, janvier devenait propice aux achats enrobés de petits cœurs.

Après la Saint-Valentin, Pâques a vu sa période d’influence s’élargir et, dès février, après la Saint-Valentin, nous pouvons maintenant anticiper l’achat de cadeaux et nous goinfrer d’œufs en chocolat.

Actuellement, ce sont les fêtes diverses (Pères, Mères, Grands-Parents, Beaux-Parents, Amants/Maîtresses, Secrétaires, infirmières, travail…) qui remplissent avril/juin.

Résultat des courses : il restait juillet/août. Les soldes, c’est bien, mais ça rapporte surtout la première semaine de juillet. Que faire des deux mois qui restent ?

La réponse est maintenant évidente : tout miser sur le barbecue !

Il y a encore quelques années, le barbecue était synonyme d’amateurisme festif, d’une joyeuse réunion de famille ou d'une bouffe entre amis un peu privée, parfois bricolée à partir d’un bidon de produit douteux coupé en deux, parfois totalement improvisée. Quand on parlait de barbecue, on pensait au gros tonton moustachu en maillot de corps et casquette « Ricard » qui essayait tant bien que mal de maintenir les braises et se prenait de face des heures durant une fumée bleue bienvenue pour couvrir les effluves en provenance de ses aisselles en sueur. Pendant ce temps, les autres hommes discutaient de tout et de rien sur des chaises de jardin et attendaient que les femmes préparent tout ce qui est froid et va autour des viandes qui seront soit crues au milieu, soit trop cuites sur les bords.

Aujourd’hui, à en croire les pubs, le barbecue est codé et se prépare en souliers de golf, pantalon beige ou Jean’s et polo tiré à 4 étoiles. Le tout, avec un sourire qui rendrait jaloux le plus extrêmiste des accordéonistes de musette sur un podium du tour de France.

Toujours selon ces pubs, un barbecue ne devrait plus s’improviser. C’est bien trop dangereux ! Surtout qu’il existe maintenant tous les modèles possibles et imaginables. Modèles «boule», «four », «rectangle», à 1 ,2, 3 cheminée(s), à l’horizontale, à la verticale, turbo-dièsel injection directe, au gaz, à l’eau, à l’énergie solaire, stéréo, à allumage automatique, de salon, avec thermostat intégré, en briques, sur roulettes, wifi, haut débit, etc… Je suis certain qu’il existe même le modèle « imitation vieux bidon de produit douteux coupé en deux » pour les nostalgique de l’improvisation.

Même la viande: plus question de ne pas la choisir marinée. Il faut que le barbecue goûte le barbecue. Du moins, ce que l’on veut vous imposer comme le vrai goût du barbecue.

Bientôt, nous trouverons des « Barbecue-Magazine » dans nos librairies, nous pourrons regarder la « Barbecue-Academy » sur "Barbecue Channel 4" où, chaque semaine, le plus mauvais barbecueur sera éliminé (rhooo, il a osé mettre de la viande non marinée !!!). Nos soirées en discothèque et autres bals de famille seront rythmés par «La barbecuda », la danse de l’été, chaud devant.

On peut aller plus loin et imaginer que des collectionneurs de barbecue se feront connaître (ça doit porter un nom ça, un collectionneur de barbecues, qui peut m’aider ?) ou, pire, que des gangs pour la libération des barbecues de jardin se créent pour capturer des barbecues prisonniers malheureux dans le jardin de leurs propriétaires et aller ensuite les relacher dans le désert californien dont ils sont originaires.

La mode sera ensuite au symbole barcuesque : à la grille couverte de mauvaise graisse carbonisée stylisée et reprise sur les T-shirts, les casquettes, les sous-vêtements.

Et ainsi, pendant que le tonton moustachu, en casquette et maillot de corps au motif ‘grille couverte de graisse carbonisée’ essayera tant bien que mal de maintenir les braises malgré les trois cheminées de son barbecue wifi stéréo turbo-dièsel injection directe à grille verticale, en briques et monté sur roulettes, les hommes parleront entre eux en regardant leurs t-shirts «barbecue» pendant que les femmes seront en cuisine pour essayer la dernière recette vue sur « Barbecue channel 4 » ou dans le dernier « Barbecue magazine » et préparer les crudités et tout ce qui va autour des viandes crues au milieu ou trop cuites sur les bords. Le tout, avec «La Barbecuda » en musique de fond.

Bref, rien n’aura changé, mais ce sera maintenant codé et juillet/août seront remplis, commercialement parlant.

Bon, je vous laisse, je dois aller au barbecue-garage récupérer mon palomino. Il avait des problèmes de bougie pour l’allumage.

Le gag Faldo 62

Ce n'est un secret pour personne qui me connaît, je ne supporte pas l'opéra ! Et ce, presque autant que la danse que l'on dit moderne et expérimentale. Ce n'est pas compliqué: si je vois la nuit un opéra arriver devant moi sur mon trottoir, je change de .... ville.
Je n'ai rien contre les chanteurs d'opéra. Au contraire, j'admire leur justesse et leurs voix. Je comprends sans problème que certains aiment ces Méphistos et ces Marguerites. Mais c'est tout le reste qui me dérange, toute la partie mise en scène, accord voix-orchestre, interprétation. Je ne comprends rien et les acteurs doivent hurler même pour dire qu'ils parlent tout bas.

Toujours est-il qu'il ne m'en fallait pas plus pour me donner l'idée d'un gag que je vous livre ici

Avec toujours l'hyper talentueux Martin Roy au dessin et votre serviteur aux textes et couleurs.

Bienvenue aux éleveurs de kochons

Depuis quelques semaines, Martin Roy au dessin et moi-même au scénario et aux couleurs publions une bande dessinée par semaine sur le site www.kochonland.com (voir dans la gazette, les comic strips).

En voici déjà les deux premiers gags.


Comme pour Faldo, n'hésitez pas à en parler autour de vous !

Merci aux responsables de Kochonland pour la confiance dont ils témoignent à notre égard.

Sur ce, je vous laisse, j'ai des saucisses sur le grillllll !

Dany