Lettre d'information #11 - mercredi 15 juin 2005 (déjà !).
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EDITO - C'est le progrès !

L'autre jour, j'ai lu par hasard le mode d'emploi de mon lecteur DVD. Et là, j'ai découvert, un peu surpris, que si on appuyait directement sur "Play" pendant que le DVD se lançait à l'allumage du lecteur, ce même lecteur DVD reprenait la lecture du disque là où on l'avait arrêtée ! Ceci était même valable pour, tenez-vous bien, les cinq derniers différents DVD consultés !
Mon premier réflexe, dans un état situé entre l'éveil et le sommeil, a été de me dire "Pas bête, on n'arrête pas le progrès !". Mais aussitôt, je me suis heureusement repris: "Bon sang, mais c'est ce que fait ma bonne vieille vidéo depuis des années avec des centaines de cassettes !". C'est vrai quoi: vous stoppez une cassette, vous pouvez même la sortir, en mettre 20 autres, quand vous reprendrez votre cassette initiale, elle repartira là où vous l'avez arrêtée !

Mais la cassette, ce n'est plus le progrès. Le progrès maintenant, c'est le DVD qui fait comme la cassette pour les 5 derniers DVD et à condition que le DVD s'arrête normalement. En cas de plantage du film, ce qui m'arrive toutes les 15 lectures environ, vous perdez quand même la position. C'est les aléa du progrès.

Mais un progrès ne vient jamais seul. Les DVD, maintenant, il y a moyen de s'en faire des rien qu'à soi. Il y a quelques années, c'est-à-dire la préhistoire hifienne, quand on avait filmé le baptême du petit dernier, on branchait la caméra sur le magnétoscope, on lançait la copie du film de la caméra sur une cassette dans le magnétoscope, voir plusieurs films sur une seule cassette (les cassettes pouvaient enregistrer jusque 4 heures en bonne qualité), on rembobinait la cassette et on allait la porter aux parents. On visionnait alors le film avec eux, ému, en se disant qu'on tremblait beaucoup en filmant, que les images étaient un peu pâles, le son mal équilibré et que le tout sentaient l'amateurisme le plus total. Ce n'était pas grave, ce qui comptait, c'était le baptême filmé. Si l'enfant pleurait, ou si un ami des parents débarquait à l'improviste, on arrêtait la cassette, certain de pouvoir la reprendre là où on était arrivé, même si c'était bien plus tard et même après que de nombreuses autres cassettes soient passées dans le magnétoscope.

Aujourd'hui, pour graver un DVD, le progrès est passé par là. Il faut commencer par charger le film sur le disque dur d'un ordinateur (il faut donc avoir un ordinateur (que ceux qui ont un graveur DVD de salon lève(nt ?) la main)). Cela prend déjà au moins le temps du film, on va dire une heure. Prévoir pour l'occasion un disque dur de taille importante, le progrès prend de la place, beaucoup de place. Ensuite, puisque le progrès le permet, on va scanner les changements de scènes afin de pouvoir sauter plus vite de chapitre en chapitre et passer si nécessaire le passage où le tonton raconte pour la énième fois sa mauvaise blague. Il faut compter vingt bonnes minutes et beaucoup de patience, la détection automatique des changements de scènes n'étant pas encore toujours au point. J'ai oublié de dire que tout cela et la suite se fait via un programme qu'il faut normalement acheter... Les scènes sont maintenant détectées ? On va s'en servir pour créer le menu principal grâce à des modèles prédéfinis moches ou ridicules (le chapeau de paille couleur sépia, les mariés tellement idéaux qu'un couple normal ne pourra pas les mettre en en-tête de son DVD de mariage, le rose-bonbon, ...). Là, un abîme de perplexité va s'emparer de vous quand il faudra nommer les scènes, histoire que le menu du DVD signifie quelque chose. Scène1: intervention de tonton René. Scène 2, arrivée du bébé. Scène 3, la blague de tonton René. Scène 4, arrivée à l'Eglise. Scène 5, intervention de tonton... non, c'est déjà pris. Pffff. Vous pouvez alors choisir la musique qui va accompagner votre menu principal. Et là, vous comprenez enfin quelque chose d'important: concepteur de DVD, c'est un métier ! Après des dizaines de minutes d'essais divers, vous vous retrouvez avec un menu ridicule plein de chapitres aux titres mystérieux accompagnés de musiques prévisibles ou convenues.
Vous lancez enfin la réalisation du DVD. Premier essai en direct, la gravure du DVD plante. Vous avez perdu un DVD vierge. Deuxième essai, vous allez passer par une image (copie exacte) de DVD sauvée sur votre disque dur et qui sera gravée ensuite sur un DVD vierge. Là, votre disque dur, déjà saturé par les fichiers de copie du film du camescope, refuse d'accueillir en plus l'image du DVD: il n'a plus la place ! Vous effacez des fichiers, des programmes, vous gagnez de la place sur votre disque dur, vous créez votre image, votre DVD. Vous avez enfin, après quelques heures dans la sueur, une copie sur DVD de votre film.
Vous allez porter le DVD aux parents. C'est pour eux que vous avez fait tous ces efforts. Les autres films resteront bien sur leurs bandes. Et vous vous apercevez que pour avoir voulu être le plus tôt possible à la pointe du progrès, le vieux lecteur DVD de vos parents ne lit pas les DVD gravés du type de celui que vous venez de réaliser. Une situation idiote, une guerre de formats, une histoire de "+" machin ou "-" machin. Vous rentrez chez vous après avoir acheté des DVD du bon type. Comme, pour gagner de la place, vous aviez effacé les fichiers sur votre disque dur, vous devez tout recommencer. Et vous vous retrouvez enfin avec un DVD, simplifié par-rapport à la première fois car la détection des scènes, le choix des titres de chapitres et la musique du menu, ras-le-bol ! Vous retournez chez vos parents visionner le film avec eux, ému, stressé, et vous vous dites quand même que vous tremblez beaucoup en filmant, que les images sont un peu pâles, que le son est mal équilibré et que le tout sent toujours autant l'amateurisme total.

Ah on sonne, il faut arrêter le DVD, non, pas avec le bouton "on/off". Trop tard, pas de chance, la position est perdue, il faudra tout se refarcir, les blagues du tonton comprises, car l'avance rapide, c'est stressant avec un DVD.

C'est le progrès...

Maintenant, et entre nous, en regardant ma pile de CD et de DVD, soit quelques dizaines dont la vision rangée en tours m'est familère, fait même partie du décorum du salon, je me suis fait l'horrible réflexion qu'à une moyenne de 25€ l'unité... le progrès coûte aussi très cher ! Ca n'a l'air de rien ces tours... et ben, elle valent une petite voiture !

Le gag Faldo 61

Pour soulager Martin, mon complice canadien, j'ai eu l'idée d'un gag reposant un maximum sur une interface graphique. Interface que j'ai réalisée, laissant à Martin le soin des personnages.

La première version fut rapidement abandonnée. Trop... heu... pas assez... heu... enfin voilà quoi.

La seconde version simplifiait la première mais il manquait toujours ce petit "quelque chose".

La troisième version fut alors adoptée. Plus sobre, plus carrée. Y'a pas à dire, interfaceur graphique, c'est un métier.

Et voilà, le gag pouvait être publié.

Je vous laisse le découvrir. D'après les premiers échos, ce gag est "polarisant". La moitié des gens qui le lisent ne le comprennent pas. L'autre moitié trouve que c'est un des meilleurs de la série :)

A bientôt !

Dany