Lettre d'information #10 - vendredi 06 mai 2005 (déjà !).
(retrouvez la liste des lettres déjà émises à ce jour ici)

EDITO - au coeur des espoirs

Salut tout le monde ! Et oui, le temps passe. Mais le nouveau gag Faldo est sorti et il est déjà temps pour la newsletter #10 !

Comme je n'avais pas d'inspiration, j'ai décidé pour cette lettre de faire simple et de m'aider des commentaires visibles publiquement sur un site de rencontres pour en tirer la substantifique moëlle. Tout un programme !

Avant toute chose, je tiens à dire que j'y ai senti surtout énormément de détresse humaine. Cette horrible impression d'avoir d'un côté des prédateurs et de l'autre des victimes réduites à être consentantes. Et même s'il existe évidemment un juste milieu et que le bonheur doit y être accessible quand son besoin est réciproquement sincère, j'ai longtemps hésité avant de commencer cet article. Je resterai donc vague de peur de blesser quelqu'un, ce qui n'est pas ma nature, la seule personne que j'aie blessé dans ma vie étant un camarade de classe à la réception d'une balle haute dans la cour de l'école: nous avons sauté en l'air tous les deux, pour attraper la balle, et nos têtes se sont heurtées. J'en ai encore mal (pour lui) rien qu'à y repenser !

Enfin bref...

Ainsi donc, première constatation: les grands standards.

Ce que les gens cherchent avant tout ? Et bien non, ce ne sont pas des grands explorateurs, des fans de Dick Rivers, des sosies de Michel Farinet, des cosmonautes, des pêcheurs de crevettes à cheval, non, rien de tout cela! Ce que les gens cherchent avant tout, c'est "discuter avec des gens... sympas".

Alors là, je suis scié ! Si on m'avait dit ça... Moi, naïvement, j'imaginais que les gens diraient plutôt "je cherche à discuter avec un cas social, un serial killer, un jaloux violent et ivrogne fini si possible" et ben non, ce qui est en vogue en critère de recherche, ce qui est très 'tendance', c'est les gens "sympas" !

Tant que j'étais dans les remises en questions existentielles, j'ai continué et j'ai vu que la plupart des filles ne désiraient pas "de gros lourds ou de plans Q". Déjà, l'expression "plans Q" écrite ainsi à la lettre près sur de nombreux profils témoigne d'un léger manque d'originalité, d'un esprit de troupeau. Il y a juste le "j'aurais voulu être..." auquel 95% des gens répondent "un artiiiiiiiiiiste, lol" en pensant être le seul à y avoir pensé qui peut se vanter d'encore faire mieux dans le domaine du manque d'originalité. Et pour rassurer ces mêmes filles, quand on voit les prédateurs professionnels qui semblent rôder, on peut presque garantir que le plan-q n'arrivera jamais. En général, le plan-a ou, à la limite, le plan-b, suffiront.

J'apprécie aussi particulièrement l'expression "gros lourd".
Donc, si je comprends, si on est gros, ça passe ? Si on est "lourd", aussi ? Il faut juste éviter d'être les deux à la fois ?
Et entre nous, j'ai l'impression que dire "je ne veux pas de gros lourds" sera aussi efficace qu'un panneau "danger, chûte de pierres" au bord d'une nationale. De même qu'on n'a jamais vu un seul panneau de ce genre empêcher la chûte d'une pierre ou forcer un conducteur à conduire, stressé, le nez contre le pare-brise et les yeux vers le haut, mettre "je ne veux pas de gros lourds" sur son profil n'éloignera pas les "gros lourds" qui s'ignorent, les "gros lourds" qui ont envie de prouver que cette étiquette qui leur colle à la peau n'a aucun fondement ou encore les "gros lourds" qui assument et qui donc vont quand même tenter leur coup sinon ce ne seraient plus des "gros lourds" hein ?

Plus vicieux maintenant: et quoi si on est, par malheur un "gros lourd" mais"sympa" quand même ? Dans ce cas-là, c'est la condition suivante qui semble intervenir: il faut être"garanti 100% sans prise-de-tête". Parce que, c'est normal: si on fait l'effort de se dévoiler aux yeux de milliers d'yeux inconnus sur un site, d'y mettre sa photo, de renseigner sa taille, son poids (ou, bien plus révélateur, de tout renseigner sauf son poids (amusant: ce sont souvent les profils qui disent avant tout ne pas aimer "l'hypocrisie" qui renseignent tout sauf leur poids)), ce serait quand-même dommage de tomber sur quelqu'un qui ne serait garanti "sans prise de tête" qu'à 80%, non ? Je suis certain qu'on trouvera du "100% head-taking free" bientôt dans nos supermarchés. Les gens ont découvert les rapports humains parfaits dans les séries télés, ils en veulent dans leur vie privée, normal.

En fait, au plus je fais la somme de ce que les gens cherchent, au plus je me dis que c'est normal qu'internet soit appelé à la rescousse d'une vie de tous les jours où ce fantasme du parfait, libre d'engagements si possible, ne doit pas se trouver à chaque coin de rue.

Deuxième constatation: les perles.

Après 10 profils, je pourrais déjà remplir 10 newsletter Faldo. Voici toutefois quelques extraits choisis.

"A savoir ;) les gémeaux et capricornes seront les privilégiés ;) mais je n'ai rien contre les autres signes". Bref, si vous êtes un poisson, genre thon, une balance ou même une vierge, passez votre chemin !

"Artiste musical préféré: varié. Ca va de la techno à la house avec une nostalgie pour la danse et la new-beat". Je suppose que c'est cela qu'on appelle de la "variation sur un même thème".

"Mon style de voiture: Ford Escort". Et bien, ça fait plaisir de voir que rien n'est définitivement perdu pour les propriétaires de Ford Escort, à condition évidemment d'être "sympa", pas "gros lourd" et garanti "100% sans prise de tête" !

"Ce que je déteste: les pédophiles !". Ah c'est vrai que ça c'est pas bien les pédophiles. C'est bien que certains nous le rappellent parfois, on finirait par oublier...

"j'ai besoin de rencontrer des personnes sympa et sincère pour amitier". J'amitie, tu amities, il amitie, nous amitions, vous amitiez, ils amitient ? Ca donne quoi au subjonctif ? Que j'amitiasse ? Que vous eussiez amitié ? Que vous amitiassiez ? Moi je dis que la personne qui conjugue "Amitier" à l'imparfait du subjonctif ne trouvera pas facilement l'âme soeur !

"Ce que je déteste: les barytons !". Alors là, autant j'apprécie l'originalité... autant ça me laisse perplexe. Dans le genre "la personne visée comprendra", on ne fait pas mieux! Mais, je tiens à rétablir la vérité ici: beaucoup de barytons sont hyper sympas, ce n'est pas une généralité. Les ténors, je dis pas, mais les barytons, non !

(je résume) "Je suis une fille hyper sympa, j'aime le foot, la formule 1, je fais la vaisselle, le ménage, la lessive, je ne dis rien pour les copains, tous à vos claviers". C'eût été plus rapide d'écrire simplement "je suis prête à tout mais qu'enfin quelqu'un me réponde par pitié !".

"(je ne veux pas) les profils sans photos, les cadeaux empoisonnés du net, j'ai assez donné, marre des thons, mes actions chez Saupiquet sont en train de crever le plafond pour le moment". Capitaliste va ! A tous points de vue, c'est fou comme ce genre de commentaire donne envie d'utiliser ce moteur de rencontres dites-donc :)

"J'essaye juste d'être une fille cool et bien habillée. J'ai bien dit 'j'essaye'". Essaye encore...

Et le meilleur pour la fin...

"Après plusieurs expériences malheureuses sur ce site, j'ai décidé de lui laisser une chance de plus de me permettre de trouver l'amour de ma vie mais, je vous préviens, cette fois, je ne serai plus naïve". Est-ce la nouvelle définition du comble de l'optimisme que ce petit poisson blessé qui, en gros, dit "je saigne mais, par pitié, requins, passez votre chemin..." ? J'espère pour lui qu'il finira plus noblement, dans une boîte Saupiquet par exemple.

STOP ! Passons à autre chose...

Je n'en dors plus

Ceux qui me connaissent vous le diront: quand j'y pense, je suis galant. Du moins, j'essaye de l'être. Mon épouse m'a bien éduqué sur ce point. Par exemple ? Peu de filles le remarquent mais quand je marche aux côtés de l'une d'elles, je me place entre elle et la rue. C'est une marque de galanterie qui remonte aux siècles passés. Si par hasard il avait plu et que les pavés de la chaussée étaient inondés et qu'un fiacre tiré par six chevaux avec un chapeau à pompom déboulait soudain, c'est moi qui recevrait l'eau salie, épargnant la robe de celle qui m'accompagne. J'ai beau raconter à mon épouse qu'à priori elle est la seule à profiter de cette marque de galanterie et qu'elle finira quand même par devoir nettoyer mon costume ainsi sali, il paraît que cela fait bien.

Mais cela ne m'empêche pas de dormir, contrairement au problème suivant: le problème de la double porte à l'entrée de certains restaurants.
En effet, le top du top en matière de galanterie, c'est d'ouvrir la porte du palais des délices (en d'autres mots, le resto) à sa bien-aimée sans qu'elle interrompe son pas. Avec une simple porte, pas de problème. Vous accélérez un peu le pas en vue de la dite porte, et vous l'ouvrez d'un geste vif à l'arrivée de votre dulcinée. Si le restaurant est en règle, vous savez que la porte s'ouvre vers l'extérieur. Sinon, vous aurez l'air bête à vouloir fermer une porte qui l'est déjà et votre compagne devra interrompre son mouvement. Rien de grave donc.
Mais la double porte... une première porte donnant sur la rue, un couloir étroit et une seconde porte donnant sur le restaurant. Si la femme ne doit pas interrompre son pas, je ne vois qu'une solution: ouvrir la première porte de la manière habituelle, puis, une fois que la femme est dans le couloir, sprinter, la dépasser (au besoin, si le couloir est vraiment étroit, la plaquer contre un mur au passage) et essayer d'arriver à temps à la seconde porte. Ainsi, il vous sera possible d'ouvrir de la manière la plus galante possible la seconde porte. Autre avantage: en général, les deux portes s'ouvriront dans le même sens mais, même si ce n'était pas le cas, le temps que la femme se relève de la bousculade ou se remette de son plaquage mural, vous aurez largement le temps de corriger votre geste. Seulement, j'ai bien relu le manuel du parfait galant (à ne pas confondre avec le recueil de mémoires du professeur Gallant), il est bien précisé: "pas de plaquage au mur, pas de projection au sol". Zut... depuis, je n'en dors plus ! Mais comment faites-vous les mecs ???

Bon, passons aux choses sérieuses

Le nouveau gag Faldo

Toujours en collaboration avec le génial Martin Roy pour les personnages et l'encrage.

Pour que les abonnés à cette lettre d'information aient leur part d'exclusivités, voici ce que j'appelle un bel exemple d'adaptation dynamique en vue d'enrichissement de chute de gag. En d'autres termes: comment sauver un gag de la mauvaise chute ?

Important: lisez d'abord le gag avant ce qui suit, sinon vous en connaîtrez la chute à l'avance :(

Dans le scénario original, la dernière ligne était la suivante

Le texte de Louis Kevin était "Non, il n'y a pas moyen de mettre le son moins fort, je suis déjà au minimum mais, croyez-moi, avec un peu de musique, le voyage passera plus vite !".

Le tout dessiné de trois-quart avec Louis-Kevin au premier plan.

Martin m'envoie son encrage, adapté avec un nouvel angle, plus percutant.

Première remarque: la voiture dans la case de gauche ne fait pas assez "voiture de geek nerdivement mingatisé".

Elle est refaite et je passe à la mise en couleurs.

puis aux textes...

La première image ne pose pas de problème particulier... mais la deuxième...

Cette première version présentait plusieurs défauts dont un principal:la musique n'était pas assez envahissante. C'est pas grave, on corrige.

Maintenant que la musique est envahissante, c'est Louis-Kevin qui ne donne pas l'impression de devoir forcer sa voix. Notez aussi le changement de position de la bulle qui permet de renforcer l'impression de voiture chargée de valises. Allez, encore un essai ?

On y arrive, mais il reste un problème chez Louis-Kevin: le sourire. Notez-aussi que le texte a dû être coupé en deux après l'élargissement des caractères pour renforcer l'impression de cri. Un dernier tour de vis ?


Et voilà ! Encore une légère modification du texte, du sourire, cela change tout et le gag peut partir pour le web ! Je vous rassure, ce n'est pas ainsi pour toutes les images :)

A bientôt pour un nouveau gag avec un nouveau personnage...

Dany