Lettre d'information #5 - lundi 29 novembre 2004 (déjà !).
(retrouvez la liste des lettres déjà émises à ce jour ici)

EDITO

Deux mois...

Que le temps passe vite, deux mois ! Deux mois depuis la dernière lettre d'information. Mais où sont passé ces deux mois ? Hein ? Je vous le demande, où ? La malédiction que nos parents nous annoncent depuis longtemps ("tu verras, ça passe de plus en plus vite...") est un peu plus vraie chaque année ! Le temps est comme une drogue à laquelle on s'accoutume et il nous en faut toujours plus pour avoir l'impression de ne pas en avoir moins !
Mais bon sang, deux mois, c'est comme les grandes vacances scolaires et j'ai l'impression que cela n'a même pas duré une semaine ! Et pourtant, en deux mois, à l'époque des grandes vacances scolaires, on avait l'impression d'en avoir eu pour son argent. En deux mois, on avait eu droit à l'heure du petit déjeuner à l'intégrale des Goldoraks, des Inspecteurs Gadget, des Candy Candy (du moins, jusqu'à l'accident d'Anthony). On s'était dit 60 fois "mais qu'ils sont bêtes !" en regardant les Musclés au Club Dorothée. 60 fois, on s'était levé en se demandant ce qu'on allait faire pendant la journée avec les copains. 60 fois, on avait acheté une crème glacée à Jean-Pierro, le glacier qui se voulait italien et passait chaque soir avec sa camionnette devant le petit parc communal témoin de nos jeux innocents. Et on trouvait encore là-dedans le temps de placer 2 ou 3 semaines de vacances en famille. On arrivait ainsi fin juillet avec le sentiment délicat que l'on n'était qu'à la moitié.
Aujourd'hui, ça représente quoi, deux mois ? 10.000 km de plus à ma bagnole, 3 tontes de la pelouse, 1 réparation de la tondeuse car avec l'âge elle s'use, 8 semaines de pubs pour Halloween, Saint Nicolas, Noël, Nouvel an et Carnaval 2005, 1 projet au boulot, 1 visite chez le coiffeur, 1 seul gag Faldo et Bush toujours président des Etats-Unis !
Eh, mais, notez que, si on essaye de voir le bon côté des choses, ça passe tellement vite que Bush ne sera plus président et on aura l'impression que ça n'aura duré que 3 mois ! Finalement, le temps qui s'accélère, ce n'est pas si mal que cela !

Improvisation

Aujourd'hui, c'est l'angoisse de la page blanche... Alors je vais prendre un mot au hasard et je vais improviser sur ce thème... Voyons voir.. mmm, Ah, je vois une escabelle dans le couloir, je vais donc improviser un texte qui part d'une escabelle.... Mmmm... Allez, c'est parti, d'un trait et sans filet !

Le voisin

(NOTE: ce qui suit est imaginaire et purement improvisé. Je ne vais pas parler de mes vrais voisins que j'adore et embrasse).

[Le voisin] - Héï, voisin ! Voisin ? VOI-SIN... !!!
[Moi] - Ah tiens, bonjour ! J'étais concentré sur mon jardinage Je n'avais pas vu que vous m'observiez du haut de votre escabelle, par dessus la haie ! Ca va ?
- Pour sûr que ça va, voisin ! Ca va toujours voisin ! Voyez, je taille ma haïe. La pension, ça n'a que du bon ! Maintenant, j'ai tout mon temps pour faire ce que je veux, ça me change du temps où j'étais au chômage, ah ah ! Le lundi par exemple, je vais faire laver ma voiture par les Yougos à la sortie de l'autoroute à Ensival parce que, c'est bien connu, les Yougos lavent ! Ha ha, elle est bien bonne hein, voisin ?
- ??? Heu, oui, héhé, les Yougoslaves nettoyent bien... les voitures, excellente !
- Heuu, non, enfin, heu..., bon, où en étais-je ?
- Au lundi ?
- Ah oui, le mardi, je sors promener le chien de Monsieur Pierreux ! Vous voyez qui, Monsieur Pierreux, le gars sympathique qui habite de l'autre côté du clos ?
- Heu, non, vous savez, nous ne sommes là que depuis 5 ans, les gens du quartier nous regardent encore un peu comme des étrangers avec notre accent de Bruxelles et nos deux voitures. C'est vrai qu'on fait un peu "cherchez l'erreur" dans le quartier, la plupart des gens qui vivent ici pourraient d'ailleurs être nos parents.
- Ca c'est vrai, ma femme me demandait justement l'autre jour ce que vous faisiez dans la vie et je lui ai dit que je le savais !
- Ah tiens ?
- Et ouaïe, c'est Monsieur Rorive qui me l'a dit un soir que je suis passé chercher son chien pour le sortir !
- Monsieur Rorive ?
- Non, son chien ! Monsieur Rorive, c'est le sympathique gaillard qui avait garé sa voiture en plein milieu de la rue l'autre jour et qui vous empêchait de passer, vous lui avez alors dit "Excusez-moi, pourriez-vous mieux garer votre véhicule ? On m'attend dans une heure à Bruxelles pour une réunion importante" et il me l'a répété. On en a déduit que vous étiez francophone et que vous aviez un poste à responsabilités !
- Logique, mais ça ne veut rien dire...
- Ben oui, mais en rentrant d'avoir sorti le chien, il pleuvait et j'ai vu que le facteur avait laissé tout votre courrier à moitié en dehors de la boîte. J'ai donc cru bien faire en sortant votre courrier et en le remettant bien en pile dans la boîte. C'est là que j'ai vu, entre les résultats de prise de sang et les extraits bancaires, que vous étiez abonné à "Ingénieur mon ami magazine". J'en ai donc déduit que... Ca collait quoi !
- On ne peut rien vous cacher...
- Et ouaïe, c'est ce que dit aussi Monsieur Janssen, le gars avec qui je vais faire mes courses le mercredi midi. Surtout ne pas râter le mercredi midi. Toutes ces mères de famille qui courent et râlent sur notre caddy rempli d'articles sans le prix qui bloquen la caisse, ça fait de l'animation. Presque aussi bien que les courses du vendredi soir ou la coupe du samedi matin chez le coiffeur. Vous voyez qui c'est Monsieur Janssen ?
- Pas plus que les autres <soupir>
- Mais si, le grand et sympathique gaillard, l'ancien ouvrier textile au bout de la rue. Celui qui a encore les doigts verts d'époque... Notez que son fils aussi a la main verte, mais je ne suis pas certain que ce que je l'ai vu cultiver au fond du jardin l'autre jour, pendant que j'étais sur mon toit à astiquer les briques de ma cheminée, soit légal-légal... Faudra que j'en parle à son père. Ca tombe bien, j'irai chercher son chien tout à l'heure pour le sortir, j'en profiterai...
- Astiquer les briques de la cheminée ?
- Oui, ça m'arrive souvent ! La dernière fois, c'est le jour où vous vous disputiez avec votre dame au sujet de l'éducation des enfants, j'ai pas tout compris... Vos vitres sont du simple vitrage, mais les hurlements de vos enfants couvraient vos voix...
- Ah bon ?
- Mais ne vous inquiétez pas, motus et bouche cousue le Léon ! Je pourrais vous dire que Madame Heuse et Monsieur Hennebert ont une liaison, que Madame Pottiez est fan de Michel Farinet ou que Monsieur Gilbert a plein d'argent caché à l'étanger, je n'en ferai rien !
- Vous me rassurez...
- Entre voisin, c'est un minimum ! D'ailleurs, vous feriez mieux d'écarter un peu plus vos lignes de carottes...
- Comment savez-vous que ...
- Ce sont des carottes ? Facile ! L'autre jour, le frisbie que je lançais au chien de Madame Parlas - vous voyez qui, la sympathique gaillarde à l'entrée du clos - et bien ce frisbie est passé par dessus ma clôture et a atterri dans votre jardin, j'ai dû alors venir le rechercher. Vous n'étiez pas là, je ne dérangeais donc personne...
- Ben oui, mais...
- Et c'est là que j'ai vu que vous aviez acheté des graines de carottes, le sachet était juste à côté de votre bouquin "Le jardin pour les nuls". Vous savez, des mots, même si vous ne voulez pas les lire, c'est un réflexe, vous lisez. Et à parler des carottes, à votre place, je ne les ferais pas pousser...
- Pourquoi ?
- Le gars qui vivait chez vous avant, en échange de ce que je sortais son chien et qu'il n'avait pas besoin de la partie potager, m'a autorisé à y enterrer tous les déchets de rénovation de ma maison. C'est pour cela que vous vous êtes probablement dit "chouette, pas d'herbes dans ce coin du potager"...
- Mais dites-donc vous...
- Non, ne me remerciez pas. C'est tout naturel, entre voisin... Vous savez, parfois, le samedi soir, quand il me semble voir des lampes torches roder autour de votre maison, il m'arrive de venir voir discrétement ce qui se passe, mais la plupart du temps, ce n'est que votre chambre qui reste éclairée un peu plus tard...
- Mais... !
- Bon, je vous quitte, je dois aller chercher le chien de Monsieur Binamet, le sympathique buraliste à la retraite...
- Je rêve ou vous sortez les chiens de tout le quartier ?
- Ah ça pour sûr, 'faut dire aussi que j'ai eu plusieurs grands chiens à moi. Mais elles ont mal fini les pauvres bêtes: paralysie du bas du dos et des pattes arrières et fins de vies ligottés sur un vieux chariot à roulettes avec juste les pattes avant pour se mouvoir... C'était pénible...
- De les voir souffrir ?
- Non ! Le bruit du charriot ! C'était de la récup et il grinçait. Ce bruit portait à 2 maisons au moins. C'est une des raisons pour lesquelles le gars qui vous a précédé ici est parti, je pense. Et ça me fait justement penser que je vais devoir ressortir le charriot: le chien de Madame Binamet commence à être paralysé du bas du dos... Bon, je vous laisse... au fait, je voulais aussi vous dire, le truc que vous avez installé dans votre salle de bain pour extraire l'humidité... je le trouve un peu bruyant, vous ne pourriez pas le retirer ? Allez, au revoir voisin !
- C'est ça, au plaisir d'avoir de vos nouvelles...

[Ma femme] Tu parlais à qui chou ?
[Moi] Au gars d'à côté... Maintenant, j'en suis convaincu, dès qu'on en a les moyens, on s'achète une maison sans voisins !

Le gag Faldo 53

Il est enfin disponible ici

Le courrier des lecteurs

Actuellement, en cours de décryptage chez le voisin. Je vous en dirai plus d'ici la prochaine lettre

A la prochaine !

Dany